Pour un numérique durable et responsable en Bourgogne-Franche-Comté

Le numérique est un moyen de répondre aux problématiques de développement durable : performance économique, équité sociale et préservation de l’environnement.

Il s’avère que le numérique est responsable d’une pollution qui n’a rien de virtuel. La démocratisation du stockage dans le cloud ou de l’utilisation des technologies de streaming pour accéder à des contenus multimédias ont un impact écologique conséquent.

Ainsi, la visualisation de vidéo en ligne est à l’origine de plus de 60 % du trafic de données à l’échelle mondiale, générant ainsi 306 millions de tonnes de CO2 par an. La fabrication des équipements et de l’infrastructure numérique nécessitent des quantités impressionnantes de ressources naturelles rares et non renouvelable.

Enfin à l’impact écologique provoqué par l’exploitation de ces ressources et leur transformation en composants électroniques s’ajoute la pollution liée à la fin de vie de ces équipements encore trop peu souvent recyclés. Cette pollution est, par ailleurs, maximisée par une obsolescence toujours plus rapide des terminaux numériques.

Ces éléments ne doivent pas faire oublier la capacité du numérique à transformer et à faire évoluer les comportements. L’identification, l’information et la généralisation des bonnes pratiques est un premier pas qui doit être suivi par le recueil et la mobilisation des données afin de quantifier et suivre l’évolution de l’impact écologique du numérique.

Le numérique est responsable d’une pollution qui n’a rien de virtuelle

Mais l’apport du numérique à la transition écologique doit aussi être un moyen de transformer les organisations, les modèles économiques et les pratiques de chacun. L’innovation numérique peut, en effet, contribuer à transformer en profondeur nos modes de vie : en favorisant de nouvelles formes de débat public (civic tech, gov tech), en inventant des systèmes locaux pour échanger ou partager entre particulier des biens, des services, de l’énergie, pour penser des systèmes de mobilité collaborative… (dans le respect de l’Objectif de Développement Durable 16 « Justice et paix »).

S’appuyer sur un numérique responsable, c’est aussi assurer la souveraineté et la sécurité des données numériques.

Dans un monde ou l’information représente toujours plus de valeur, relever le défi de la souveraineté numérique et de la protection des données personnelles est une gageure d’autant plus que la France ne possède plus d’indépendance technologique dans ce domaine. Néanmoins dans le cadre des missions de services publics qu’elle doit exercer, la Région doit faire vivre le sujet auprès des acteurs du territoire (économie, tourisme, association, etc.) et contribuer à fournir des services offrant la sécurité nécessaire au développement du numérique. Si la question de la souveraineté numérique est un sujet qui doit se traiter au niveau national ou européen, la Région doit contribuer à la définition d’un cadre de sécurité propice au développement.

Si de nombreux leviers se jouent au niveau mondial, le développement d’un numérique responsable doit guider l’action de la Région.

Dans une politique d’achat responsable privilégiant des choix technologiques robustes, réparables et peu impactants, il est nécessaire de privilégier la réduction du nombre des équipements (notamment en concentrant la puissance de calcul et en optant pour des terminaux légers), en cherchant à réduire la consommation d’énergie des équipements ou à favoriser la cogénération en utilisant la chaleur produite par les centres de données par exemple. En parallèle, il faut conforter ces actions en informant et en sensibilisant les utilisateurs pour généraliser ces bonnes pratiques. En informant et en sensibilisant les utilisateurs pour généraliser les bonnes pratiques.

Enfin, un chantier d’ampleur est à mener pour prendre en charge les équipements en fin de vie. Pour cela, il conviendrait d’agir pour faire émerger une filière du réemploi et du recyclage.

Si la mise en œuvre de critères d’éco-conditionnalités permet de faire, à l’achat, les choix les moins impactants pour la planète, l’atteinte d’une meilleure sobriété numérique passera aussi par le choix de services numériques éco-conçus

Les priorités pour l'environnement

Les priorités de la Politique Publique des Usages Numériques en matière d'environnement

Création d’une filière régionale de réemploi du matériel informatique

La Région souhaite soutenir et organiser la construction d’une filière du réemploi des matériels numériques. En effet, fabriquer de nouveaux équipements informatiques a un impact considérable sur l’environnement que ce soit dans les pays de fabrication ou dans les pays d’où proviennent les matières premières. La réparation, le reconditionnement en vue d’une réutilisation d’équipements permettant d’accéder à l’internet constitue une réponse pour limiter les conséquences environnementales du numérique. Cette démarche contribue également à rendre plus accessible le numérique pour les publics qui en sont éloignées en fournissant une solution économique pour acquérir le matériel. La filière du réemploi qu’il convient de mettre en place pour atteindre ces objectifs est aussi vertueuse pour l’emploi.

Récupération des déchets

Allonger la durée de vie de nos équipements informatiques est une nécessité. Toutefois il convient de valoriser ceux qui ne pourront être réemployés. L’optimisation de la gestion des déchets est un des axes de travail de l’économie circulaire. Les équipements numériques présentent un fort potentiel de recyclage des matériaux qui les composent. L’organisation des flux de recyclage est un sujet complexe pour lequel la Région souhaite contribuer en étudiant l’opportunité de développer une filière du recyclage des matériaux électroniques sur son territoire.

Renforcer une politique d’achat responsable

Face aux enjeux environnementaux, la Région souhaite engager une démarche vertueuse dans sa politique d’achat d’équipements numériques. En effet, si la mise en œuvre de critères d’éco-conditionnalités permet déjà de faire les choix les moins impactants pour la planète lors de l’achat de consommables ou d’équipements informatiques, l’atteinte d’une meilleure sobriété numérique passera aussi par le choix de services numériques éco-conçus.

Cette volonté d’acheter plus vert doit s’accompagner d’une analyse de la contribution du numérique dans l’empreinte écologique de la Région. À contrario, les gains apportés par le numérique devront aussi être mesurés et quantifiés.

Soutenir les actions de sensibilisation aux bons gestes et aux bonnes pratiques

La réduction de l’empreinte écologique des technologies numériques passe par une information et une sensibilisation des agents de la collectivité. Il s’agit de lister les gestes simples et pourtant essentiels que chacun peut appliquer quotidiennement.

Créer un baromètre environnemental du numérique

Afin de mesurer les effets de la numérisation en Bourgogne-Franche-Comté, l’Agence Régional du Numérique et l’Intelligence Artificielle pilotera un baromètre environnemental du numérique.